Au long du fleuve Sénégal – Maya Bracher

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L’on pourrait dire la même chose de la photographie de Maya Bracher et de l’image des régions africaines qu’elle nous renvoie.
Dans ces photographies tout correspond avec notre désir de voir l’Afrique comme nous l’avons rêvée et nous sommes, sans nul doute et sans mauvaise intention, élégamment éloignés d’une part de la réalité austère vécue par ces personnes. Car dans le regard de Maya Bracher aucune volonté de transformer le réel, ou pire, de nuire. Juste un désir de montrer avec amour et justesse un contexte et les gens qui le peuplent.
En 2013, Maya Bracher présente pour la première fois à Nîmes, à la galerie NegPos, une série produite dans le cadre de la MISOES, mission socio-économique sur les pratiques agricoles, qui se déroula dans la vallée du fleuve Sénégal en 1958. Une photographie en noir et blanc au moyen format, à caractère documentaire où perce souvent un engagement humaniste et esthétique fort, s’appuyant sur le jeu des ombres et de la lumière.
Loin du regard anthropologique classique que l’on aurait pu attendre compte tenu de l’usage scientifique auquel étaient destinées ces images, le regard de Maya Bracher fonctionne d’une certaine manière à contre-emploi. Distant et respectueux, son acte photographique, comme nous le disions plus haut, associe subtilement esthétique et ressource documentaire. Ainsi beaucoup des personnes photographiées par Maya le sont souvent à contre-jour ou de dos. Quand elles lui font face et que la question de l’identification individuelle se pose, il s’agit la plupart du temps de portraits de groupe. Désir de ne pas déranger, délicatesse de l’œil qui favorise l’intimité des personnes avec leur environnement. D’autre part, la structuration graphique de ses photographies est des plus sophistiquées. Une architecture picturale « au cordeau » pourrait-on dire, tels les filets et les lignes des pêcheurs qu’elle saisit dans leur simplicité quotidienne.
En découvrant les photographies de Maya, on ne peut que songer au travail mené dans les mêmes régions par Pierre Verger, ethnologue et photographe français, que Maya côtoya un temps, à cette même époque. Tous deux allient douceur et finesse de l’observation, tendresse du regard, rigueur et conscience professionnelle.  
Gageons que ce travail fasse aujourd’hui date et mémoire, à la fois comme l’une des pièces manquantes du puzzle historique africain mais aussi comme l’émergence inespérée d’une œuvre malencontreusement méconnue qui allait finir oubliée.

Patrice Loubon

Biographie

Maya Bracher, photographe franco-suisse, 1932, Sernhac (Gard). Elle commence à faire de la photo sérieusement à partir de 1957 en parcourant la Mauritanie dont la beauté des paysages et la manière de vivre des nomades ou des sédentaires l’émeuvent. Par la suite, elle produit des reportages ethnosociologiques en Afrique, des reportages d’actualités et des prises de vue d’oeuvres d’art Africain traditionnel ou moderne. Ces travaux photographiques alliés à son expérience des arts graphiques, lui donne l’occasion, et lui permettent encore, d’œuvrer à la conception d’expositions.
En Amérique Centrale, elle est captivée par les monuments anciens, et les visages des descendants Mayas. Sa rencontre avec le grand effort de libération et la volonté d’autodétermination du Nicaragua soutiennent pendant dix ans sa production d’image.
Il lui faut par contre beaucoup de temps pour pouvoir utiliser à nouveau une caméra en Europe. Le désir de faire des superpositions l’a pousse à ne plus seulement regarder, mais aussi à enregistrer. En effet, derrière le décor du monde occidental qui imprime la rétine actuellement, se profilent des images d’Afrique ou d’Amérique. Ses derniers travaux photographiques s’inscrivent donc dans la démarche de témoigner du fossé qui sépare, dans tous les domaines, le tiers monde des pays industrialisés. Maya Bracher présente une série produite dans le cadre de la MISOES, mission d’étude sociologique sur les pratiques agricoles, qui se déroula dans la vallée du fleuve Sénégal en 1958. Une photographie en noir et blanc au moyen format, à caractère humaniste et documentaire où perce souvent un engagement humaniste et esthétique fort s’appuyant sur le jeu des ombres et de la lumière.

Conditions de location de l’exposition :

  • Présentation : 37 tirages noir et blanc sous passepartout, dans des cadres de 50x50cm, 3 noir et blanc sous passepartout, dans des cadres de 70x70cm.
     
  • Exposition livrée avec ou sans les cadres.
     
  • Tarif  (TTC):  Par mois : 1500 €, La quinzaine : 850 €
     
  • Le transport sera à la charge du loueur.
     
  • Déplacement et hébergement pour deux personnes (l’auteur et son représentant).

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