UN PEZZO DI PAPÀ

Un film documentaire de Patrick ZACHMANN

Au Cinéma Le Méjan, 23 Quai Marx Dormoy, 13200 Arles
le samedi 13 janvier 2024 à 18h30
Au Cinéma Le Sémaphore, rue Porte de France 30000 Nîmes
le samedi 13 janvier 2024 à 11h
au Cinéma Le Capitole, 11 Rue Xavier Sigalon 30700 Uzès (en partenariat avec l’association les Azimutés d »Uzès)
le dimanche 14 janvier à 15h30
Important à noter : les projections auront lieu en présence de Patrick Zachmann

« Ce film est un dialogue entre mes photos en noir et blanc d’un reportage de 1982 sur Andréa Mormile, policier anti-mafia napolitain assassiné par la Camorra, et les images filmées en couleur de mes retrouvailles avec sa famille, 35 ans après. Une confrontation de deux mondes, de deux Naples, et du jeune photographe que j’étais qui pensait changer le monde, avec celui que je suis aujourd’hui, en quête de sens. Un désir de photographier le disparu qui renait avec la découverte de l’importance de la trace, de la restitution d’une mémoire.

Cliquer pour visionner le Teaser du documentaire

En 1982, j’avais suivi, lors d’un reportage photographique à Naples, un policier anti-mafia qui fut assassiné peu de temps après mon retour à Paris. Il s’appelait Andrea Mormile et était devenu mon ami. Trente-cinq ans plus tard, le petit fils d’Andrea Mormile, devenu lui aussi photographe, retrouve ma trace, moi qui avait photographié ce grand-père qu’il n’a pas connu.
Je décide alors de revenir à Naples où je me souviens que pour le jeune photographe que j’étais, ce reportage fut fondateur de mon travail. Ce retour intervient à un moment de ma vie où je traverse une période de doute sur le sens de mes photos. Comment se renouveler ? Trouver la juste distance ? Comment documenter un monde déjà saturé d’images ? Inventer de nouvelles formes qui le traduisent ?
Une des surprises de mes retrouvailles avec la famille d’Andrea Mormile sera de réaliser qu’en emportant avec moi les tirages de celui qui fut un mari, un père et un grand-père, j’offre à ses descendants les images manquantes de leur histoire, leur permettant de combler les vides du puzzle de leur mémoire. Je leur rends un « pezzo di papa », un morceau de papa qu’ils n’avaient pas. Et si finalement mes photos étaient simplement essentielles à la vie des proches de ceux que j’avais photographiés ? Cette prise de conscience inattendue me remet en quelque sorte en marche et réanime mon désir de photographe que je pensais disparu. »

Patrick ZACHMANN

BIO

Patrick Zachmann est né à Choisy-le-Roi, en France, en 1955 et vit à Paris. Photographe indépendant à ses débuts, il entre à Magnum en 1985 et en devient membre en 1990. En 1982, il plonge dans l’univers violent de la police et de la mafia napolitaines. Un ouvrage, Madonna ! et une fiction écrite à partir de ses images, très cinématographiques, naîtront de cette expérience.

En 1984, Patrick Zachmann participe à une commande culturelle et anime un stage de photographie auprès de jeunes des quartiers Nord de Marseille. Dès lors, son travail photographique privilégiera toujours les thèmes de la mémoire et de l’identité. En 1987, à l’issue d’un projet personnel de sept ans sur son identité juive, il publie “Enquête d’identité”. En 1989, son reportage sur les événements de la place Tiananmen à Pékin est largement diffusé par la presse internationale.

Entre 1996 et 1998, Patrick Zachmann réalise le court métrage “La Mémoire de mon père”, puis son premier long-métrage sur la disparition des traces de la mémoire notamment au Chili : “Allers-retours. Journal d’un photographe”. De 2006 à 2008, il réalise “Bar Centre des Autocars ” (Les Films d’Ici) dans lequel il part à la recherche des jeunes qu’il avait connus à Marseille dans les années 1980. Il est missionné par Marseille-2013 pour produire et réaliser une exposition, sous forme de carte blanche qui donne naissance à « Mare Mater », un livre et un film présenté au Mucem à Marseille et sélectionné aux Etats Généraux du Film Documentaire à Lussas de 2014.
Lauréat de nombreux prix photographiques, dont le prix de la « Villa Médicis hors les murs » en 1986, le Prix Niepce en 1990 et le Prix Nadar 2016 pour son livre “So long, China”. Son travail est régulièrement publié dans la presse française et internationale.

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